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La capitale de la République démocratique du Congo vit cette semaine, des manifestations intenses. Un projet de loi a provoqué la colère des citoyens; il permettrait de reporter les élections présidentielles.  Stéphane, jeune français d’origine congolaise, s’inquiète pour son pays. Récit.

Depuis quelques jours, le Congo s’embrase et plus particulièrement Kinshasa. Après le printemps arabe, c’est peut-être une autre rébellion du peuple africain qui se prépare dans le pays. Des manifestations s’organisent ces derniers jours, contre un projet de révision de la loi électorale susceptible d’entraîner le report de l’élection présidentielle de 2016, ce qui permettrait à Joseph Kabila, président actuel, de rester au pouvoir. Mais qui dit manifestation, dit répression et surtout morts… Une quarantaine de personnes ont été tuées depuis samedi, indique la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH). Le gouvernement de Kinshasa, pour sa part, fait état d’un bilan de 15 morts, pour la plupart des pillards abattus par des vigiles privés. Des chiffres contestés par les congolais qui assurent que plus de 50 personnes ont déjà perdu la vie.

Un collectif formé autour de membres des trois principaux partis de l’opposition avait appelé les habitants de Kinshasa “à occuper massivement” le Parlement lundi pour faire obstacle au projet de révision, adopté samedi par les députés et devant maintenant être examiné par le Sénat. Sauf que depuis, tout a dégénéré. Les forces de l’ordre n’hésitent pas à tirer à balles réelles sur les manifestants qui se composent de nombreux étudiants. Ce qui indigne la communauté congolaise, très présente en France. Stéphane, 26 ans, français d’origine congolaise, ne supporte plus de voir son pays souffrir. “Malgré le fait que les manifestations touchent tout le pays, il y a de plus en plus de morts et de blessés… Hier, nous avons constaté que les communications avaient été coupées ( Internet, mobiles, téléphones fixes, etc.) Du coup, pour avoir des nouvelles aujourd’hui c’est assez difficile et très peu supportable…” Explique le jeune homme qui tente de s’informer sur l’évolution de son pays par tout les moyens.

“Ma famille n’a rien eu pour le moment et nous avons eu des nouvelles mardi soir. Mais on est inquiet car en coupant tous les moyens de les contacter, on ne sait plus ce qu’il s’y passe. La seule chose que nous pouvons faire d’ici, c’est prier pour que Kabila parte au plus vite. Ce qu’il se passe dans mon pays depuis 1997 ne peut plus durer. Il faut que ça cesse. Ma mère était au Congo récemment, elle en est revenue choquée, tant il était difficile pour elle de supporter la situation du pays”, confie-t-il avec tristesse, avant d’ajouter : “Je parle rarement de mon pays, mais ce qu’il s’y passe me touche. Je me sens concerné. Ma famille est là-bas, ce pays fait partie de moi”.

Si Stéphane regrette une chose, c’est le traitement médiatique qui est fait en France sur ces événements. Pour lui, cela mériterai qu’on s’y intéresse d’avantage et surtout, qu’on en parle vraiment. “Je n’arrive pas à comprendre pourquoi tant de silence ? Pourtant, c’est pour moi l’un des plus grands génocides qui se déroule actuellement sous nos yeux et je constate que ça ne passe même pas à la télé. Ni TF1, ni France 2, uniquement Itélé et France24 et encore, il a fallu que ce soit des compatriotes qui les contactent. Est-ce qu’ils en auraient parlé d’eux-mêmes, sans être sollicité par des congolais ? Je ne pense pas…” Il aimerait pouvoir poser le pied au Congo, mais avec l’état du pays, il préfère attendre : “J’ai pu y allé qu’une seule fois en 26 ans d’existence. J’aimerai y retourner, mais il faudrait que la situation s’améliore. J’ai envie de réellement découvrir mon pays, en long et en large et dans la paix”.

 

Inès El Laboudy

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